Actualités municipales - Discours de commémoration du 24 avril 2011
Discours de commémoration du 24 avril 2011
Le dimanche 24 avril 2011 a eu lieu au monument aux morts de Ganges la commémoration de la déportation.
Loin dans l'infini s'étendent
De grands prés marécageux
Pas un seul oiseau ne chante
Sur les arbres secs et creux
Oh ! Terre de détresse
Où nous devons sans cesse
Piocher.
Dans ce camp morne et sauvage
Entouré d'un mur de fer
Il nous semble vivre en cage
Au milieu d'un grand désert.
Bruit des pas et bruit des armes
Sentinelles jours et nuits
Et du sang, des cris, des larmes
La mort pour celui qui fuit.
Mais un jour dans notre vie
Le printemps refleurira
Liberté, Liberté chérie
Je dirai : Tu es à moi.
Oh ! Terre enfin libre
Où nous pourrons revivre
Aimer – Aimer
Ce magnifique texte, c’est le Chant des Marais.
Je voulais aujourd’hui vous le lire, car les paroles sont peu audibles sur la musique que nous entendons à chaque cérémonie en souvenir de la déportation.
Le chant des Marais, hymne européen de la déportation, est une œuvre collective créée en juillet-août 1933 dans le camp de concentration nazi de Boergermoor. Il y fut chanté quelques jours plus tard devant près de 1000 détenus, qui en reprirent aussitôt le refrain. Avant même le déclenchement de la guerre, il était connu, parfois sous des variantes différentes, en Europe entière, chanté dans les prisons et camps d'internement de France créés par le régime de Pétain. Il illustre à jamais les premières ténèbres concentrationnaires, la souffrance des "bagnards des marais", leur refus de l'avilissement. Il délivre un message, une exhortation.
Chant de détresse et pourtant de résistance, de dignité et d'espérance, le Chant des Marais est né de la boue dans laquelle la barbarie nazie voulait anéantir des hommes.
Ainsi des hommes dans la détresse infinie ont su exprimer leur douleur pour qu’à jamais on se souvienne.
Ce chant est là aussi pour nous dire que les camps ne naissent pas avec la guerre mais dès la mise en place du régime nazi. Donc dès 1933.
Les premiers déportés furent les opposants au régime, ceux qui ont très vite su que le pire venait d’arriver.
A jamais souvenons-nous.
Vive la paix, vive la liberté, défendons la tolérance contre le racisme et la xénophobie.






