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Médiathèque Lucie Aubrac - Itinéraire d’une création, Le pays lointain de Jean-Luc Lagarce

Itinéraire d'une création, Le pays lointain de Jean-Luc Lagarce Itinéraire d’une création, Le pays lointain de Jean-Luc Lagarce

La médiathèque Lucie Aubrac accompagne ce projet théâtral mené par Luc Sabot et le Cie Nocturne en proposant un itinéraire de création en 4 étapes. La troisième étape se déroule, ce jeudi 9 juin à 19h.


Cette troisième étape sera constituée d’une lecture intégrale de la pièce avec l’ensemble de la distribution, pour entendre par les comédiens eux-mêmes le texte « à la table ». A noter que cette lecture sera la première lecture de travail réunissant l’ensemble de l’équipe de création. Par ailleurs, le 9 juin est le premier jour des répétitions.

Pour information, la première étape s’est déroulée le 20 janvier. Luc Sabot, le metteur en scène et également spécialiste de la langue du dramaturge, a présenté l’auteur en s’appuyant notamment sur des documents visuels, des lectures d’extraits de son journal et d’écrits de sa parole « civile ». Puis il a précisé l’approche du Théâtre de Lagarce et présentée sa langue dramatique particulière et spécifiquement dans Le pays lointain.

La 2e étape a eu lieu le 17 mars était centrée sur L’espace scénique de la création. Séance animée par Luc Sabot, en présence de Gérard Espinosa - scénographe, Valérie l’Hôte - costumière, et Frédéric Bellet – éclairagiste. Cette soirée a démarré par une lecture à voix haute de Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce, avec et par les participants pour entendre et parler cette langue, et s’est poursuivie par la présentation du projet de mise en scène, de la maquette du décor et d’une discussion autour des métiers qui façonneront l’espace scénique de la création du Pays lointain.

Quelques mots de Luc Sabot sur la langue du récit, extrait du dossier de la pièce. 

Il y a Louis qui revient dans son pays lointain - celui où il est né, celui de ses racines - dire à sa famille qu’il va mourir. Il emmène avec lui la famille qu’il s’est construite dans son exil - l’autre pays lointain. Ses deux familles, celle dont on hérite, et celle qu’on se fabrique, se confrontent alors, se rencontrent, s’opposent, s’associent pour connaître mieux Louis, l’aider à raconter.

Et l’on assiste au récit d’une vie avec tous les personnages qui l’ont construite. Il y a ceux qui sont là, ceux que l’on évoque, ceux qui sont représentés à la manière d’un choeur. Les morts aussi reviennent pour l’occasion. Les revenants. Tous, convoqués par Louis,évoquent les dimanches bucoliques à la campagne ou poussent à rejaillir les rancoeurs à peine effacées par le temps. C’est comme un retour en arrière pour faire le point. Se vider de l’abcès - celui des relations familiales atomisées - que le temps silencieux fait mijoter. Et, muet de ce qu’il était venu annoncer, Louis voit sa vie défiler une dernière fois, avant de mourir. C’en est pas mois brutal et violent mais avec tant de finesse et de poésie.

« L’histoire sans histoire d’un homme » écrit Jean-Luc Lagarce. Et pourtant il retrousse ses manches et décortique cet homme ordinaire avec lucidité et amour. Ses personnages sont puissants et forts d’être des hommes et des femmes sans histoire, sinon celle de leur vie. Ils sont beaux parce qu’ils sont ordinaires. Et le style si particulier de Jean-Luc Lagarce livre leurs blessures et leurs exaltations joyeuses avec un humour sarcastique, cinglant, parfois amer mais toujours complice. De plans larges en gros plans, de détails méticuleux en ellipses déroutantes, tout grouille, pétille, explose pour dire l’urgence de vivre, de désirer, de comprendre et d’aimer.

L’écriture méticuleuse et incisive martèle. Elle donne du mouvement à une parole qui se cherche, qui hésite, qui bute, qui répète, qui se trompe, qui se corrige, qui se construit au moment même où elle s’énonce. La pensée se tisse dans un mouvement immédiat et circulaire. La syntaxe millimétrée use du flux et du reflux de cette pensée jusqu’à épuiser le mot ou libérer de grandes phrases hypnotiques, et dessine les troubles et les fragilités de l’âme.


Pour aller plus loin

Cette première lecture à la table a lieu le jeudi 9 juin à 19h à la médiathèque Lucie Aubrac. Nous serons heureux de vous retrouver pour cet événement. Renseignements au 04 67 73 84 24 ou mediatheque.de.ganges@wanadoo.fr

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