Médiathèque Lucie Aubrac - RETIRADA, l’exil en héritage
RETIRADA, l’exil en héritage
Dans le cadre d’un mois consacré à la Retirada, la Médiathèque Lucie Aubrac a le plaisir d’accueillir du 7 au 26 mai, l’exposition Retirada, l’exil en héritage installée dans l’Espace Yvon Delmas et dans la cour de la médiathèque.
Brûlures du réel.
Josep Bartoli fait partie des grands témoins de la Guerre Civile et de l’exil des Républicains d’Espagne au même titre que le photographe Agusti Centelles. Les deux catalans suivront l’ avènement de la République, accompagneront la révolution, couvriront le conflit... l’un avec sa planche à dessins, l’autre avec son Leica. Tous deux continueront à témoigner une fois la frontière passée. Centelles réalisera plus de 500 photographies dans un laboratoire clandestin installé au camp de Bram. A quelques baraques de là, Bartoli croquera dans l’urgence le quotidien de ses compagnons d’infortune. Derrière les barbelés le dessin s’est substitué à l’image brute, décrivant des scènes de violences dont les négatifs n’ont que rarement gardé de traces. De ce point de vue « Campos de concentración 1939-194.. ?.. » publié au Mexique en 1944 constitue l’un des premiers témoignages sur l’internement dans les camps de concentration français. Le dessinateur
y dénonce les drames et les angoisses de l’internement usant de la caricature grinçante et de l’expressionnisme picaresque avec une modernité de trait déconcertante. L’ancien dessinateur de La Veu de Catalunya, l’Humanitat, Papitu y L’Esquella de la Torratxa, co-fondateur du Sindicat de Dibuixant de Catalunya, s’exilera au Mexique puis aux Etats-Unis où il deviendra scénographe pour Hollywood, fréquentera Pollock et Kline et publiera dans de prestigieuses revues. Son frère Salvador a aussi connu les camps, ceux de Saint Cyprien et d’Agde, Salvador en sortira pour travailler dans une boulangerie de Béziers, là où par beau temps l’on voit le Canigou, cette sentinelle minérale qui le sépare de sa Catalogne, puis s’établira à Perpignan. Les deux frères ne se retrouveront qu’en 1971. Georges Bartoli découvre son “oncle d’Amérique” et relie les fils de la toile de l’exil. Le jeune photographe part alors à Barcelone sur les traces d’une famille, qui sabrera le Champagne à la mort de Franco, et d’une histoire. La sienne est celle d’une lutte sacrifiée sur l’autel de la non-intervention. Georges se posera la même problématique que son oncle : témoigner ou s’engager. Restituer ou dénoncer. Il fera les deux ! Il sera un engagé. Un enragé suivant même les exilés modernes de Bosnie en Palestine et les combats sociaux d’utopies toujours en marche. Celui qui a toujours conjugué sa vie au présent avec un autre futur comme possible regarde aujourd’hui en arrière et revient sur les traces d’un oncle, d’un père,d’un grand père ou d’un cousin... Quelques pas dans ceux d’un demi-million de réfugiés. Les ombres ardentes de notre histoire. Texte de Gregory Tuban
Pour aller plus loin
Entrée libre. Visites de groupes possibles, renseignements au 04 67 73 84 24. Heures d’ouverture publique de la médiathèque : mardi de 15h à 18h, mercredi de 10h à 12h et 14h à 18h, jeudi de 15h à 19h, vendredi de 10h à 12h et 15h à 18h, et le samedi de 10h à 13h.









